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[SÉRIE] La donnée au service des Communes – Mobilité : comprendre les flux pour mieux aménager le territoire

série donnée DT mobilité

Chaque jour ouvrable, les habitants de la Province de Namur génèrent 2,1 millions de déplacements, soit près de 4 par habitant. Un volume qui s’inscrit dans un bassin de mobilité relativement cohérent – 85 % des flux y restent internes – mais qui révèle, à y regarder de plus près, de profonds contrastes territoriaux.

Un bassin cohérent qui cache des inégalités

Avec 85 % de ses flux de déplacement internes à son territoire, la Province de Namur affiche une cohérence comparable à celle de l’Arrondissement de Liège dans le cadre de son Plan Urbain de Mobilité. Cette relative autonomie est une donnée précieuse pour les politiques locales.

Mais derrière ce chiffre global se dissimulent des réalités très différentes selon les communes. Les diagnostics territoriaux réalisés par le BEP permettent d’identifier quatre facteurs structurants qui expliquent les pratiques de déplacement à l’échelle provinciale.

Une répartition inégale de l’emploi

Avec un taux d’emplois locaux de 63,8 %, la Province de Namur se situe légèrement au-dessus de la moyenne wallonne (62,5 %). Mais derrière cette moyenne, les écarts sont importants. À titre d’exemple, certaines communes rurales du Condroz, comme Gesves, Hamois, Havelange ou Ohey, affichent un ratio proche de 40 %, contraignant leur population active à rejoindre les principaux pôles d’emploi que sont Namur (103 %) ou Marche-en-Famenne (126 %).

Dans ces territoires, le temps de trajet domicile-travail peut rapidement dépasser l’heure aller-retour quotidienne. Les axes N4 et E411 concentrent l’essentiel de ces flux. Les pratiques informelles de covoiturage observées aux abords des échangeurs autoroutiers témoignent d’un besoin encore insuffisamment couvert en matière d’infrastructures alternatives.

 

 

Un accès différencié aux équipements et services

Le niveau d’équipements et de services varie fortement selon les territoires. Si Namur, Andenne, Ciney, Dinant, Florennes et Gembloux disposent d’une offre étoffée en enseignement, santé, culture et commerces structurants, la majorité des autres communes présente une offre plus restreinte.

Espace culture Florennes

Résultat : des trajets quotidiens domicile-travail ou domicile-études, et des déplacements réguliers pour les soins de santé ou les activités culturelles et sportives. Par exemple, depuis des communes comme Gedinne, Bièvre ou Vresse-sur-Semois, rejoindre Dinant, pôle de santé de référence, peut représenter jusqu’à 1h45 aller-retour, que ce soit en voiture ou en train. Ces contraintes pèsent particulièrement sur les publics non motorisés.

L’influence des pôles commerciaux extérieurs

Les logiques commerciales génèrent également des flux sortants significatifs. À titre illustratif, certaines communes de l’Entre-Sambre-et-Meuse se tournent vers Charleroi plutôt que vers Namur, impliquant des déplacements de 50 à plus de 100 kilomètres aller-retour via la N5/E420. Dans des communes comme Couvin, Philippeville ou Walcourt, une offre ferroviaire limitée (notamment un train toutes les deux heures le week-end) réduit l’attrait des alternatives à la voiture pour les déplacements de loisirs et de consommation.

L’attractivité touristique : un flux supplémentaire à intégrer

Point de vue du Jambon – Vresse-sur-Semois

L’Ardenne namuroise attire de nombreux visiteurs, notamment néerlandophones, en quête de nature, de patrimoine et d’authenticité. Ces flux saisonniers s’ajoutent aux mobilités résidentielles et professionnelles dans des territoires éloignés des grands pôles, créant des pics de fréquentation qui influencent directement l’organisation des infrastructures locales.

Des données pour OBJECTIVER ET décider

Les diagnostics territoriaux réalisés par le BEP à l’échelle provinciale comme communale, constituent un outil concret d’aide à la décision. En objectivant ces enjeux, ils permettent aux communes d’orienter leurs stratégies : renforcement des centralités, développement de solutions de covoiturage structurées, amélioration de l’intermodalité, soutien aux services de proximité, et articulation plus fine entre aménagement du territoire et mobilité.

Cet article constitue le troisième volet de la série consacrée aux enjeux territoriaux de la province, après

les mutations démographiques 

les réserves foncières en centralité.

Les deux prochaines thématiques abordées seront :

  • Le tourisme
  • Le commerce

Le BEP, en tant qu’Agence de développement territorial, accompagne les communes dans le traitement de ces données et l’élaboration de leurs stratégies. Grâce aux 38 diagnostics communaux mis à disposition, son expertise permet de transformer ces indicateurs en leviers d’action concrets pour renforcer la qualité de vie et la résilience du territoire provincial.