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[SÉRIE] La donnée au service des Communes – Mieux comprendre les dynamiques touristiques pour valoriser les territoires

Paysages, patrimoine, hébergements, promenades, attractions, fréquentation : le tourisme constitue une composante importante de nombreux territoires namurois. Mais comment en mesurer précisément le poids et le potentiel ? Pour aider les communes à y voir clair, le BEP a développé un diagnostic touristique croisant les données afin de dresser le portrait de chaque territoire.
LE TOURISME, BIEN PLUS QUE DES NUITÉES
Combien de visiteurs une commune accueille-t-elle ? Quelle est sa capacité d’hébergement ? Quels sites attirent le public, quels itinéraires sont les plus parcourus, et quelles retombées le tourisme génère-t-il réellement pour le territoire ?
Pour répondre à ces questions, le BEP a réalisé, avec l’Institut de Gestion de l’Environnement et d’Aménagement du Territoire (IGEAT) de l’Université libre de Bruxelles (ULB), des fiches touristiques couvrant l’ensemble des communes de la Province de Namur.
L’objectif : dépasser les statistiques traditionnelles pour proposer une lecture plus complète et plus fine des réalités touristiques locales.
Sept indicateurs pour dresser un profil touristique communal
Chaque fiche croise des données issues de sources variées pour analyser sept dimensions du tourisme :
- l’affluence touristique, pour mesurer la fréquentation du territoire ;
- les hébergements, pour connaître la capacité d’accueil et sa diversité ;
- les attractions payantes, qui permettent d’identifier les principaux pôles de fréquentation ;
- les activités de plein air, notamment les promenades, le vélo ou les activités récréatives ;
- l’accueil et la notoriété, à travers la présence dans les guides, les avis des visiteurs ou certains labels ;
- les pressions, pour identifier les secteurs où la fréquentation touristique peut exercer une pression sur le territoire ;
- les retombées économiques, afin d’estimer ce que le tourisme génère localement.
Ces dimensions sont ensuite traduites en sept indices comparatifs, qui permettent à chaque commune de se situer par rapport aux autres communes namuroises et à des territoires aux caractéristiques touristiques similaires.
Six bassins touristiques pour des comparaisons pertinentes
Afin de permettre des comparaisons cohérentes entre territoires aux caractéristiques proches, les communes namuroises ont été regroupées, sur une base qualitative, en six bassins touristiques :
Hesbaye namuroise (touristicité faible, relief peu marqué, communes semi-rurales) ;
Sillon Sambre-et-Meuse (touristicité faible, hormis Namur, relief marqué, communes urbaines) ;
Entre-Sambre-et-Meuse septentrional (touristicité faible, relief peu marqué, occupation du sol majoritairement agricole, communes semi-rurales) ;
Haute Meuse (touristicité moyenne, relief marqué, communes périurbaines) ;
Condroz namurois (touristicité faible à moyenne, relief de plateau, occupation du sol agricole, communes rurales) ;
Famenne-Ardenne namuroise (touristicité très variable, territoire majoritairement boisé et/ou herbagé, communes rurales)
Ce découpage permet à chaque commune de situer son profil touristique non pas dans l’absolu, mais par rapport à des territoires partageant des dynamiques comparables: un relief similaire, une occupation du sol proche ou un même degré de ruralité.
Des réalités très contrastées d’une commune à l’autre
Cette approche permet de sortir d’une vision uniforme du tourisme : certaines communes accueillent beaucoup de visiteurs mais disposent de peu d’hébergements, d’autres concentrent une offre importante sur quelques villages seulement, d’autres encore possèdent un patrimoine ou des paysages remarquables mais peu valorisés à ce jour.
À Viroinval par exemple, les données révèlent un profil touristique marqué par les activités de plein air et les paysages, avec une capacité d’hébergement importante et une fréquentation concentrée autour de plusieurs pôles. Elles montrent aussi que certaines zones naturelles subissent une pression récréative plus forte, tandis que d’autres secteurs recèlent encore un potentiel de développement inexploité.
L’enjeu n’est donc pas uniquement d’attirer davantage de visiteurs, mais de comprendre où ils vont, pourquoi ils viennent et quelles retombées ils génèrent pour le territoire.
Croiser attractivité et impact territorial
Le tourisme génère des dépenses – hébergements, restaurants, commerces – et contribue à l’activité économique locale et aux recettes communales. Mais une fréquentation importante peut aussi mettre sous pression certains espaces naturels, en particulier là où les infrastructures d’accueil restent limitées.
Ces données aident donc à repérer où il est pertinent de renforcer l’offre touristique, et où l’enjeu porte davantage sur la gestion des flux et la préservation des ressources.
Un outil d’aide à la décision pour une politique touristique locale, cohérente et durable
DE LA DONNÉE À L’ACTION
Ces fiches ne sont pas une fin en soi : elles offrent une base commune pour objectiver les constats et nourrir la réflexion. Croisées avec la connaissance du terrain des élus, des services communaux et des acteurs touristiques, elles permettent d‘identifier des priorités concrètes: valorisation d’un patrimoine ou d’un paysage, développement de nouveaux hébergements, création ou amélioration d’itinéraires, requalification d’un site récréatif, amélioration de l’accueil des visiteurs, développement du cyclotourisme.
Le BEP met ces diagnostics à disposition des communes comme outil d’aide à la décision, notamment dans le cadre de l’élaboration des Schémas de Développement Communal (SDC).
Elaboration de diagnostics communaux : la mise à profit de notre connaissance du territoire
Cet article constitue le dernier volet de la série consacrée aux enjeux territoriaux de la Province de Namur, après :
Une série consacrée à un même objectif : mettre la donnée au service des communes pour mieux comprendre les transformations du territoire et éclairer les décisions de demain.

